Le gouvernement a présenté en avril 2026 un plan d’électrification des usages destiné à accélérer la sortie des énergies fossiles. Pour les entreprises cette transition change la donne : remplacer un équipement au gaz par son équivalent électrique ne se limite plus à une question de financement, mais aussi de capacité de l’installation existante à l’alimenter.
En bref :
- La France importe plus de 60 Md€ de pétrole et de gaz chaque année ; le plan d’électrification 2026 mobilise 4,5 Md€/an pour inverser cette dépendance
- Pour les entreprises, électrifier un équipement (four, pompe à chaleur…) veut souvent dire remplacer un usage au gaz par un appel de puissance électrique supplémentaire
- Ce changement peut suffire à faire basculer un site dans un palier de puissance supérieur, avec un nouveau compteur, des travaux et un abonnement plus coûteux
- RSW peut vous aider à piloter plus finement ces appels de puissance pour rendre l’électrification possible sans augmenter la puissance souscrite et éviter des travaux lourds
Une dépendance aux énergies fossiles qui pèse sur l’économie française
La France importe chaque année pour plus de 60 milliards d’euros de pétrole et de gaz. Cette dépendance expose l’ensemble de l’économie (ménages, industriels, artisans) aux crises géopolitiques récurrentes des dernières années, de la guerre en Ukraine aux tensions au Proche et Moyen-Orient. À chaque poussée de tension, la facture énergétique du pays s’alourdit, et avec elle, celle des entreprises qui dépendent du gaz ou du fioul pour leur production, leur chauffage ou leur cuisson.
Face à ce constat, le gouvernement a présenté en avril 2026 un plan structuré pour accélérer la bascule vers l’électricité : une énergie que la France produit en quantité, plutôt que des combustibles qu’elle importe. Pour les entreprises concernées, cette bascule soulève une question immédiate : leur installation électrique existante peut-elle absorber cette hausse d’usage sans tout reconstruire ?
Le plan d’électrification 2026 : une réponse structurée à l’échelle nationale
Trois axes, un objectif commun
Le plan d’électrification des usages se déploie autour de trois axes opérationnels (bâtiments, mobilités, industrie/artisanat/agriculture), issus des travaux de quatre groupes de concertation et complétés par des mesures transversales : la création de 100 « territoires d’électrification » pilotes et la facilitation de l’accès au réseau électrique pour les projets industriels. Il mobilise près de 4,5 milliards d’euros par an de financements supplémentaires d’ici 2030, en plus des 5,5 milliards déjà engagés.
Une trajectoire de fond, pas un effet d’annonce
Ce plan s’inscrit dans une trajectoire réglementaire engagée depuis plusieurs années : la Stratégie nationale bas-carbone et la 3ᵉ Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3, publiée le 13 février 2026) fixent le cap d’une sortie progressive des fossiles et d’un mix électrique décarboné comme socle de la compétitivité française, avec un horizon de neutralité carbone en 2050. Ce cadre national s’articule avec les objectifs climatiques européens.
Un mix électrique déjà prêt à absorber la demande
L’argument central du plan est que la France n’a pas à choisir entre électrification et sécurité d’approvisionnement. Son parc de production est excédentaire et décarboné à 95 %, avec un solde exportateur annoncé autour de 90 TWh dans les prochaines années. Le réseau est donc en mesure d’accueillir une demande électrique supplémentaire, qu’il s’agisse de nouveaux véhicules, de pompes à chaleur ou d’équipements industriels.
Ce que ce plan d’électrification des usages change concrètement pour les entreprises
Le troisième axe du plan concentre les mesures qui concernent directement les entreprises. Plusieurs dispositifs existants sont mobilisés ou renforcés pour accompagner cette transition : les certificats d’économies d’énergie (CEE), les appels à projets de l’ADEME, les financements France 2030, ainsi que des prêts dédiés portés par Bpifrance.
- Des aides à l’électrification des équipements professionnels : fours, rôtisseries, pompes à chaleur industrielles, chaudières électriques, avec des dispositifs dédiés comme des appels à projets ou des prêts sans garantie pour les artisans.
- Une réorientation des certificats d’économies d’énergie (CEE) vers l’industrie et le bâtiment tertiaire, avec des fiches d’opération standardisées pour les pompes à chaleur, chaudières électriques et compresseurs mécaniques de vapeur industriels.
- Un accès facilité au réseau électrique, avec une refonte annoncée de la gestion des files d’attente de raccordement, un point souvent bloquant pour les projets d’électrification de sites existants.
- Des contrats d’électricité de long terme (8 à 10 ans), pour sécuriser la visibilité tarifaire des entreprises qui investissent dans l’électrification de leurs usages.
Ces mesures traduisent un message clair : l’électrification n’est plus seulement une option environnementale, elle devient un axe de compétitivité et de maîtrise des coûts pour les entreprises qui l’anticipent.
Trois exemples concrets face au défi de l’électrification
Cuisines collectives et centrales, restaurants d’entreprise et administratifs

La cuisson reste l’un des usages les plus dépendants du gaz dans la restauration collective. Avec le plan d’électrification, le remplacement des fours, sauteuses et autres équipements de cuisson au gaz par des équivalents électriques devient une étape incontournable pour ces établissements.
Pour ces établissements, qui produisent un grand nombre de repas avec des équipements qui montent en puissance simultanément aux heures de service, la question n’est pas seulement de financer de nouveaux fours ou sauteuses électriques. Il faut aussi que l’installation puisse les alimenter. Les retours d’expérience RSW en cuisine collective montrent qu’un pilotage des appels de puissance permet de réduire les besoins en puissance électrique, et donc, dans bien des cas, de conserver un abonnement en tarif jaune sans investir dans un transformateur. C’est exactement le cas de la cuisine centrale Convivio à Niort, qui a sécurisé sa production de 8 000 repas par jour tout en maîtrisant sa consommation.
Snacking, restaurants et restauration commerciale

La restauration commerciale et le snacking ne posent pas le même problème que la restauration collective. Trois différences comptent pour notre sujet.
Premièrement, les établissements sont plus petits et souvent proches d’un seuil d’abonnement. Beaucoup fonctionnent en tarif bleu (moins de 36 kVA) ou en bas du tarif jaune. Remplacer une friteuse, une plancha ou un four gaz par un équivalent électrique suffit souvent à franchir un palier, avec un changement de compteur, de protections et d’abonnement.
Deuxièmement, leurs pics de puissance sont très concentrés. Le coup de feu du midi et du soir fait démarrer plusieurs équipements de cuisson en quelques minutes, au moment où une disjonction coûte le plus cher en chiffre d’affaires.
Enfin, ils ont peu de marge de manœuvre sur l’infrastructure. Locaux loués, immeubles en centre-ville, copropriétés, délais d’ouverture serrés : renforcer un raccordement est souvent long, coûteux, voire impossible. Ce sont aussi des entreprises aux marges faibles, et le plan d’électrification ne leur réserve pas d’enveloppe dédiée, contrairement aux artisans boulangers.
Boulangerie et métiers de bouche

La boulangerie est l’un des rares métiers directement ciblés par le plan d’électrification. Une enveloppe de 16 millions d’euros, portée par une session dédiée de l’appel à projets DECARB FLASH, finance notamment l’acquisition de fours de boulangers et de rôtisseries électriques. Elle est complétée par le prêt Bpifrance « Action élec ta boîte », sans garantie et remboursable sur 3 à 7 ans (avec jusqu’à 2 ans de différé), destiné à l’achat d’équipements électriques par les artisans. L’objectif est d’accompagner 1 000 projets.
Pour un boulanger, remplacer un four gaz par un four électrique pose pourtant une question que le financement ne règle pas : le fournil peut-il l’alimenter ? Fours, pétrins, chambres de pousse et équipements de froid y fonctionnent sur une petite surface et démarrent souvent en même temps, au moment des premières fournées. Beaucoup de boulangeries sont installées dans des locaux limités à 36 kVA : un seul équipement supplémentaire peut suffire à imposer un passage en tarif jaune, avec un nouveau compteur, des délais de raccordement et un abonnement plus élevé chaque année.
Comment RSW accompagne cette transition ?
Électrifier sans exploser son budget d’infrastructure
Installer une pompe à chaleur, un four électrique ou des bornes de recharge augmente mécaniquement l’appel de puissance d’un site. La réponse par défaut, qui consiste à augmenter l’abonnement électrique ou renforcer le transformateur, représente un investissement lourd, difficilement supportable pour de nombreux établissements.
RSW propose une autre voie : piloter finement la répartition des appels de puissance entre les équipements pour absorber cette hausse d’usage sans nécessairement modifier l’infrastructure existante. Cette limite technique de la puissance électrique – que nous détaillons dans notre article « Électrification : éviter une hausse de puissance électrique », mérite d’être comprise avant de lancer un projet d’électrification. Cette expertise de l’optimisation de puissance, RSW la développe depuis plus de 40 ans.
Une transition progressive, pilotée en continu
L’électrification d’un site ne se décide rarement en un jour, un équipement après l’autre, une ligne après l’autre. RSW combine plusieurs outils pour accompagner cette montée en charge progressive et l’ajuster en continu, plutôt que de découvrir un dépassement de puissance après coup : l’optimiseur EKS C4-X pilote en temps réel les équipements les plus consommateurs et lisse les appels de puissance ; le logiciel Coviewer permet de visualiser ces courbes de puissance en continu, de façon entièrement personnalisable ; la suite LEO centralise le télésuivi multisites et déclenche des alertes en cas de dérive.
Vous portez un projet d’électrification et vous vous demandez si votre installation pourra l’alimenter ?
Sources
Sources institutionnelles
- Gouvernement français — Plan national d’électrification des usages, dossier de presse du 23 avril 2026
- Ministère de l’Économie — PPE3, programmation pluriannuelle de l’énergie
- Enedis — Classification des points de connexion C1 à C5
- Enedis — Informations générales sur le prix et les délais d’un raccordement
Autre source