1 650 kW installés : le remplacement du transformateur semblait logique

Un site multi-activité qui dépasse la capacité du transformateur.
À l’ESAT de l’Isle aux Bois – ACPEI, le site regroupe plusieurs activités fortement consommatrices d’énergie.
On y trouve notamment :
- une cuisine professionnelle de plus de 700 kW installés ;
- une blanchisserie de plus de 500 kW ;
- des équipements de chauffage et de climatisation ;
- des systèmes de ventilation.
Au total, la puissance installée du site atteint 1 650 kW.
Le raisonnement habituel ne reflète pas toujours la réalité de puissance électrique.
Face à ce chiffre la préconisation basique est d’augmenter la capacité électrique du site en remplacer le transformateur.
Sur le papier, le raisonnement paraît logique.
Mais il repose sur une hypothèse incomplète : considérer que la puissance installée correspond à la puissance réellement appelée.
Or, un site multi-activités ne fonctionne pas comme une addition permanente de tous ses équipements.
La cuisine, la blanchisserie, le CVC et la ventilation ne montent pas tous en puissance au même moment, avec la même intensité, ni la même durée.
Ce n’est donc pas seulement la quantité de puissance installée qui compte.
C’est surtout le moment où cette puissance est appelée.
Analyser les appels de puissance réels avant d’engager de surdimensionner les infrastuctures
Avant de remplacer un transformateur, notre travail consiste à auditer ce que le site appelle réellement : analyser les équipements, comprendre les usages, reconstituer les appels de puissance et identifier les situations de cumul et comment les piloter pour les éviter.
L’objectif n’est pas de réduire l’activité du site.
Il n’est pas non plus de brider les équipements indispensables au fonctionnement quotidien.
L’objectif est plus fin : éviter que les postes les plus consommateurs se superposent inutilement et de façon anarchique. Ici de dépasser les capacité du transformateur déjà en place.
Abaisser les courbes en orchestrant les cumuls de puissance électrique
Sur ce site, des optimisations signficatives sont identifiées :
- la cuisine, avec plus de 700 kW installés est pilotée autour de 250 kW ;
- la blanchisserie de 500 kW installée est pilotée autour de 250 kVA ;
De plus, les équipements de chauffage et de climatisation pouvaient être coordonnés et les débits de ventilation pouvaient être régulés via le système AKS.
C’est alors que nous pilotons en temps réels les consommateurs avec des consignes dynamiques qui abaissent les courbes et sécurisent le transformateur.
Résultats : 270 kW stabilisés, transformateur conservé, 12 000 à 15 000 € économisés chaque année
Après un an d’exploitation, la puissance réellement appelée est stabilisée autour de 270 kW.
Le transformateur de 1 000 kW, initialement jugé insuffisant, a donc été conservé.
Aucun remplacement n’est nécessaire.
Aucun travail lourd d’infrastructure n’est engagé.
Le site a également généré entre 12 000 € HT et 15 000 € HT d’économies annuelles.
| Avant | Après |
|---|---|
| Puissance installée : 1 650 kW | Puissance appelée stabilisée : 270 kW |
| Transformateur 1 000 kW jugé insuffisant | Transformateur conservé |
| Remplacement ou augmentation de capacité envisagé | Aucun travail lourd d’infrastructure |
| Raisonnement fondé sur la puissance installée | Pilotage fondé sur les appels réels |
| — | 12 000 à 15 000 € HT d’économies annuelles |
Ce résultat montre qu’un site affichant une puissance installée très élevée ne nécessite pas automatiquement un surdimensionnement de son infrastructure électrique.
Dans ce cas, le transformateur n’était pas le problème.
Le vrai sujet était la coordination des appels de puissance.
Ce que ce cas démontre pour les sites multi-activités
Ce cas ne concerne pas uniquement les ESAT. Il parle à tous les sites multi-activités qui cumulent plusieurs postes énergivores : cuisine collective, blanchisserie, ventilation, chauffage, climatisation, ateliers, équipements techniques.
Dans ce type d’environnement, le risque est de raisonner trop vite à partir de la puissance installée.
Or, la puissance installée donne une information théorique.
Elle ne dit pas comment le site fonctionne réellement.
Elle ne dit pas quand les équipements démarrent.
Elle ne dit pas quels usages se superposent.
Elle ne dit pas quelle puissance est réellement appelée au même moment.
Avant de remplacer un transformateur ou d’engager des travaux d’extension électrique, l’analyse des courbes permet donc de vérifier s’il existe une autre solution.
Dans le cas de l’ESAT de l’Isle aux Bois – ACPEI, cette analyse a permis de conserver l’infrastructure existante, de sécuriser le fonctionnement du site et de réduire durablement les coûts.
Votre transformateur est jugé insuffisant ? Faites analyser vos usages réels avant d’engager des travaux.
→ Pour en savoir plus, consultez notre article sur comment éviter d’augmenter l’abonnement électrique avec du nouveau matériel.