
Pourquoi augmente-t-on presque toujours la puissance… alors que ce n’est souvent pas nécessaire ? Quand une installation sature, pourquoi la première réponse est presque toujours la mauvaise ? Pourquoi des entreprises paient plus de puissance… sans en avoir réellement besoin ? L’installation de nouveaux équipements (cuisine professionnelle, blanchisserie, extension) entraîne généralement une augmentation de la puissance dite “installée”. C’est-à-dire la puissance nécessaire au fonctionnement de l’ensemble des appareils.
Les situations présentées dans cet article montrent qu’il existe, dans de nombreux cas, une alternative à l’augmentation de capacité : optimiser et piloter la puissance plutôt que surdimensionner l’installation.
Pourquoi l’ajout d’équipements pousse-t-il à augmenter la puissance souscrite ?
La réponse immédiate est d’augmenter la puissance souscrite du compteur ou remplacer, voire ajouter, un transformateur pour l’aligner sur la puissance installée.
En réalité, cette approche repose sur une lecture superficielle des besoins électriques.
Dans la pratique, la puissance réellement appelée ne correspond pas nécessairement à la puissance installée. Pourquoi ? Parce que les appareils ne fonctionnent pas tous en même temps. Or, les dépassements proviennent principalement de pics de consommation ponctuels.
Et puisque ces décisions ont un impact direct sur l’exploitation, hausse de l’abonnement électrique, augmentation des coûts fixes, travaux parfois longs et coûteux,
la question est simple : faut-il vraiment augmenter la puissance souscrite ?
Avant de modifier votre abonnement, il est essentiel de comprendre ce qui provoque réellement les dépassements, car dans de nombreux cas, il est possible de les supprimer sans toucher au contrat.
La puissance installée comme base de dimensionnement.
Lorsqu’un restaurant ou une cuisine professionnelle installe de nouveaux équipements, on calcule la puissance installée, c’est à dire l’addition de chaque puissance indiquée sur le matériel. Et c’est ce chiffre, issu d’une addition, qui constitue la base du dimensionnement initial réalisé par le bureau d’étude ou l’électricien.
Exemple de calcul de la puissance installée dans une cuisine :
- Four mixte 1 : 18 kW
- Four mixte 2 : 18 kW
- Sauteuse : 15 kW
- Friteuse : 12 kW
- Lave-vaisselle : 40 kW
TOTAL 103 kW
Dans ce calcul nous sommes déjà à 130 kW auxquels s’ajoutent d’autres équipements comme le froid ou l’éclairage. Or, si la puissance totale dépasse la puissance souscrite, la recommandation est d’augmenter la puissance souscrite ou d’adapter l’installation à la baisse.
Plus la puissance installée est élevée, plus la puissance à souscrire doit l’être également, appelant alors une augmentation des infrastructures et des abonnements électriques. Cependant ce n’est pas toujours vrai. Regardons en détail pourquoi.
Puissance installée ≠ Puissance appelée : une confusion fréquente.
Cette méthode de calcul du dimensionnement de vos abonnements électrique repose sur l’hypothèse suivante. Que l’ensemble des équipements à un démarrage simultané et à pleine charge. Or, cette hypothèse ne correspond pas toujours aux conditions réelles d’exploitation dans une activité de cuisine collective ou professionnelle.
A retenir pour une activité de cuisine professionnelle :
- les équipements ne fonctionnent pas tous au même moment
- ils ne sont pas tout le temps à pleine puissance

La puissance installée correspond aux capacités maximales des équipements, telles qu’indiquées sur leurs fiches techniques. La puissance appelée correspond à la puissance réellement demandée à un instant T, en fonctionnement.
Le problème n’est donc pas la puissance, mais la façon de la piloter afin de supprimer les pics de puissance qui sont la cause des demandes d’abonnements supérieurs.
Les pics de puissances.
Le dépassement de la puissance souscrite ne provient généralement pas du niveau moyen de consommation, mais de pics ponctuels. Ces pics apparaissent lorsque plusieurs équipements se mettent en fonctionnement simultanément, notamment lors des phases de démarrage ou de montée en charge.
Sur une courte durée :
- Les appels de puissance se cumulent
- La puissance appelée augmente rapidement
- Le seuil de puissance souscrite peut être dépassé
Ce phénomène de simultanéité est à l’origine de dépassements de puissance souscrite, de risques de disjonction, de recommandations d’augmentation de la puissance.
Lorsque ces pics ne sont pas maîtrisés, ils peuvent entraîner des coupures et des dépassements facturés. Dans ce contexte, augmenter la puissance souscrite revient à dimensionner l’installation pour un scénario extrême, où plusieurs équipements fonctionneraient simultanément à pleine charge.
Une autre approche consiste à éviter que ce scénario ne se produise.
Optimiser la puissance cumulée, plutôt que de l’augmenter.
Augmenter la puissance électrique revient donc à dimensionner l’installation pour les scénario extrêmes, où plusieurs équipements fonctionnent simultanément à pleine charge.
L’optimisation consiste, au contraire, à empêcher ce cumul. Le principe est de piloter en temps réels, pour éviter que les appels de puissance se cumulent au même instant.
Lisser les pics au lieu d’augmenter la capacité.
Dans votre activité, l’objectif est d’éviter que plusieurs équipements énergivores sollicitent le réseau en même temps. Il ne s’agit pas de réduire la puissance des équipements, mais d’organiser leur fonctionnement.
Notre travail consiste à rester sous un seuil de puissance souscrite donné, sans modifier les équipements, en agissant sur les conditions d’appel de puissance. Puisque ce n’est pas la quantité totale de puissance installée qui pose problème, mais le moment où elle est appelée, il suffit de mieux se coordonner.
Concrètement, cela revient à orchestrer intelligemment et en temps réel, les équipements qui se lancent ou montent en puissance au même moment. C’est ce pilotage des appels de puissance qui supprime les pics et garantie de rester sous le seuil de votre abonnement.

Les étapes d’une analyse d’optimisation.
Tout commence par un audit du site.
Il s’agit d’analyser concrètement votre installation à partir de ce qui existe déjà : vos équipements, vos usages, vos données de consommation et vos factures. L’objectif est d’identifier les moments où les pics de puissance apparaissent, et de comprendre quels équipements sont à l’origine de ces cumuls.
1. Étude de faisabilité
À partir de cet audit, une étude de faisabilité est réalisée. Chaque équipement est analysé selon sa puissance, ses cycles de fonctionnement et son rôle dans votre activité. Ces informations sont croisées avec notre base de données (la plus exhaustive du marché et en lien direct avec les fabricants) et notre expertise de l’électricité. Cela permet de reconstituer les appels de puissance et d’identifier précisément les situations où ils se cumulent.
2. Mise en place du pilotage
Une fois la faisabilité validée, des règles de fonctionnement sont définies. Ces règles permettent d’organiser les équipements entre eux :
- Définir des priorités
- Encadrer les conditions de démarrage
- Eviter les cumuls de puissance
Un système de pilotage applique ensuite ces règles en temps réel.
3. Suivre les résultats et manager
Et nous suivons avec vous, en temps réel la situation. Traçabilité, data et suivi permettent aux optimisations d’évoluer et de durer indéfiniment. Certains sites sont optimisés depuis plus de 30 ans.
Vous approchez du seuil des 250 kVA ?
Faites analyser vos courbes de charge avant de modifier votre abonnement.
3 entreprises qui ont évité une augmentation de leur puissance souscrite.
Dans les situations suivantes, l’augmentation de la puissance souscrite semblait inévitable. Une analyse des équipement et de leurs fonctionnement en temps réel ont permis et d’éviter cette hausse d’abonnement.
Cuisine scolaire à Montmartre : 300 kW installés, puissance ramenée à 130 kW

Lors de la mise en service d’une cuisine collective, produisant plus de 1 000 repas par jour, la puissance installée atteignait environ 300 kW, laissant envisager un passage vers un régime contractuel supérieur.
Une analyse des usages et un pilotage adapté ont permis de maîtriser drastiquement les appels de puissance.
- Puissance finale : 130 kW
- Décision évitée : passage au contrat supérieur
- Impact financier : abonnement maîtrisé, sans surcoût structurel
Brasserie à Lyon : rester sous le seuil des 250 kVA

Dans le cadre d’une création d’une brasserie neuve en plein centre ville de Lyon, combinant équipements de cuisson et installations CVC, la puissance théorique dépassait le seuil stratégique des 250 kVA.
Plutôt que d’augmenter la puissance souscrite, une coordination des appels de puissance entre les différents usages a été mise en place.
- Puissance finale : maintien sous 250 kVA
- Décision évitée : changement de régime contractuel
- Impact financier : absence d’augmentation d’abonnement
Vous êtes dans une situation similaire ? 👉 Contactez-nous pour évaluer votre potentiel d’optimisation.
ESAT Châlons-en-Champagne : 1 650 kW installés, puissance souscrite stabilisée à 270 kW

Sur un site multi-activités (cuisine, blanchisserie, CVC), la puissance installée atteignait
1 650 kW, laissant envisager un redimensionnement du transformateur.
L’analyse des cycles d’utilisation et la mise en place d’un pilotage ont permis d’identifier des marges de manœuvre importantes.
- Puissance finale : 270 kW
- Décision évitée : remplacement du transformateur
- Impact financier : 12 000 à 15 000 € d’économies annuelles
Vous êtes dans une situation similaire ?
Comment savoir si votre puissance souscrite est optimisable ?
Vous reconnaissez l’une de ces situations ? Une analyse d’optimisation mérite d’être envisagée avant toute décision.
✅ Vous venez d’installer (ou prévoyez d’installer) de nouveaux équipements énergivores (cuisson, CVC, blanchisserie, froid…) ?
✅ Votre puissance souscrite approche ou dépasse le seuil ?
✅ Un bureau d’étude ou un électricien vous recommande d’augmenter votre puissance souscrite ?
✅ Votre transformateur est jugé insuffisant ou un remplacement vous a été préconisé ?
✅ Vous constatez des pics ponctuels ou des disjonctions sur votre installation ?
✅ Enedis ne peut pas vous mettre à disposition la puissance nécessaire ?
✅ Vous engagez des travaux lourds logistiquement et financièrement pour augmenter la puissance souscrite ?
✅ Les délais de mise en route des travaux mettent en danger votre activité ?
Si vous répondez oui à au moins une de ces questions, votre installation présente probablement un potentiel d’optimisation. Dans de nombreux cas, une analyse des courbes de charge suffit à éviter une décision coûteuse et structurelle.
Avant d’augmenter votre puissance souscrite
Augmenter la puissance souscrite n’est pas toujours la seule option.
Comme le montrent les cas présentés dans cet article, une analyse sérieuse des courbes réelles permet d’éviter des décisions lourdes de conséquences : hausse de l’abonnement électrique, changement de régime contractuel, remplacement ou ajout d’un transformateur. Des décisions qui engagent vos coûts fixes, votre infrastructure et les charges de votre entreprise (budget d’exploitation) pour de nombreuses années.
Avant de modifier votre abonnement, il est essentiel de mesurer ce que vous consommez réellement. Non pas ce que vos équipements sont capables de consommer en théorie, mais ce qu’ils appellent effectivement, dans les conditions réelles de votre activité.
C’est cette analyse qui permet de décider et souvent, d’éviter.